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STAGES & ATELIERS








Danse










Initiation à la Psychomoticité & Ateliers de Danse - Tanger Juin 2008
SAE : Stage de psychomotricité
Partenaire : Théâtre Darna - Association Darna - enfants de la rue
Le stage de J. GARROS s’est prolongé avec des ateliers Danse
menés par Redouan Mriziga

Formateur : Jacques Garros
avec Eric VALENTIN – directeur du Théâtre DARNA
Formation dispensée du 9 au 14 Juin 2008 au Théâtre DARNA
Grâce à la collaboration et au financement de Nucleus

POURQUOI ?
Avant d’engager un quelconque travail pédagogique ou éducatif avec des enfants en situations difficiles (comme il est convenu de qualifier nos bénéficiaires), il faut en premier lieu multiplier les expériences venant de divers horizons et renforcer les compétences de nos animateurs. Pressentant depuis le début que dans notre domaine aucune méthode n’est établie d’avance, que nous devons nous inspirer des expériences passées sans chercher à les reproduire telles quelles, que l’écoute, l’observation, les impressions sensibles et l’analyse sont de meilleures garanties que n’importe quel bagage théorique ou schéma d’application, nous avons toujours cherché à réveiller en eux ressenti et vigilance. Chaque animateur est confronté quotidiennement à différentes situations nouvelles au cours desquelles il est seul face aux évènements. Nous ne pouvons compter que sur son intelligence et sur sa capacité de compréhension et de réaction immédiate. C’est pour cela qu’il faut, chaque fois que c’est possible, les aider dans leur exploration personnelle afin qu’ils se présentent plus forts, plus fins, plus ancrés en eux et dans le réel afin d’offrir aux enfants, tels de miroirs, l’image d’un adulte solide sur lequel l’enfant pourra se projeter et grâce auquel il pourra devenir autonome.

Dans l’environnement violent qui est le notre, la notion de pouvoir a souvent pris le dessus sur celle de l’autorité. Souvent, les animateurs, dépassés par certaines situations résultant du comportement des enfants, on tendance à user de violences, d’intimidations ou de démonstrations de force pour obtenir rapidement un semblant de calme, mais souvent, faute d’être considéré dans son ensemble et sous le prisme de ses origines, le malaise n’est que repoussé et finira par ressurgir par la suite.

Comment aider les animateurs et éducateurs à intervenir au bon endroit ? Comment leur permettre de se régénérer pour garder l’endurance tout au long de l’année ? Comment améliorer et alléger d’une façon générale notre approche éducative ?

C’est à partir de ces constats et ces questions que nous avons accepté avec joie l’aide apportée par Nucléus, association marseillaise qui avait déjà collaborée avec le Théâtre un an auparavant et qui proposait de renforcer notre approche grâce à une semaine entière d’initiation avec un psychomotricien.
 

QUI ?
La globalité des animateurs du Théâtre, présents et à venir, a bénéficié de cette initiation, dispensée par Jacques Garros, psychomotricien (cf liste de présence).




J. Garros
Jacques GARROS
Après des études de philosophie et théologie, suit la formation de psychomotricien à l’Institut des Pyrénées Atlantiques (Pau) où il obtient son diplôme. De 1969 à 1979, élève en Travail Corporel de Hilde PERBOOM, il commence à animer dès 1970 sur Bordeaux. En association avec Jean MASSE il développe ensuite cette activité au Centre LAFAURIE depuis octobre 1974. A la retraite depuis 3 ans, il poursuit son activité bénévolement dans l’association et à l’extérieur.









QUELLE APPROCHE ?

EXTRAIT DE L'OUVRAGE "CORPORELLEMENT" QUE JACQUES GARROS A RÉDIGÉ AVEC UNE ÉQUIPE DE PSYCHOMOTRICIENS.

« …On a beaucoup insisté dans notre éducation pour marquer la différence entre l'homme et la bête et sur le fait qu'en nous la part animale c'est le corps : il faut donc le dompter. L'écouter, c'est "se conduire comme une bête" surtout bien sûr dans le domaine de la sexualité. Mais on voit aussi se développer depuis quelques années tout un culte du corps, peut-être faut-il dire plus exactement un marché du corps, de son aspect, de son image, de son vieillissement. Il est donc très courant de parler "du corps". On y pense, on le cultive, on le soigne, on fait "un travail sur le corps", on lui fait produire des performances et on s'inquiète des réactions somatiques de nos états émotionnels et psychiques.

…La fréquentation du monde de la danse professionnelle par exemple, est parfois troublante car on y voit pratiquer une pédagogie de la danse cantonnée dans une sorte de "dressage" du corps, dissocié de la formation de la sensibilité, de la formation du goût, de l'intelligence. Toutes ces attitudes ne sont possibles que pour un homme dont l'esprit s'est organisé sans conscience corporelle c'est-à-dire en ne considérant le corps que comme un moyen pour exécuter ce que l'esprit a décidé.

     …Cette attitude est très masculine, même si elle est adoptée par des femmes, car au nom du résultat, elle range la sensibilité au second plan. Les discours d'efficacité, de rentabilité, de production, de performance, de record, de victoire, de compétition sportive... de guerre économique, religieuse, esthétique, de "professionnalisme" en art trouvent ici le terrain dont ils ont besoin pour se développer sans être gênés par les états d'âme. Par contre pour la personne qui a développé une expérience personnelle basée sur la conscience de sa globalité, ces comportements sont insupportables.

…Par définition ceux qui se sont construits dans la dissociation, qui ont refoulé leur sensibilité en développant une intelligence théorique peuvent sans scrupule imposer leur système et prendre le pouvoir en construisant le monde selon leur vision. Ils sont efficaces car, marxistes ou non, pour eux "la fin justifie les moyens". Par définition aussi ceux qui ont développé une intelligence fondée sur la conscience corporelle ne supportent pas qu'on maltraite certaines valeurs plus subtiles au nom d'une efficacité matérielle et immédiate. Il est clair pour eux que l'on doit retarder le résultat recherché plutôt que de l'atteindre "formellement" ou "matériellement" sans s'assurer de l'implication des individus concernés, sans leur consentement, sans solliciter leur responsabilité et donc sans prendre les moyens de leur épanouissement.

…Bien sûr ceux qui agissent ainsi "se font toujours passer devant par les autres" car pour eux ce qui compte ce n'est pas le résultat mais ce sont les moyens mis en œuvre pour s'en approcher et cela suppose le respect de la liberté de chacun, d'accepter chacun avec son rythme et son niveau de capacité personnelle et de lui faire une place non pas en fonction de sa rentabilité mais pour son épanouissement. Les gens qui fonctionnent ainsi n'ont jamais le pouvoir et si parfois ils y accèdent, ils en sont vite rejetés car ils défendent des valeurs qui gênent l'efficacité... tout du moins l'efficacité à court terme !
…Notre cerveau qui est équipé de cinq sens pour percevoir la réalité extérieure en possède un sixième pour percevoir le corps par l'intérieur. C'est le seul cas pour chacun de nous où il peut y avoir contact sans intermédiaire de notre cerveau avec la réalité, c'est le seul contact direct qu'il nous soit donné d'avoir avec le monde. Tout le reste nous ne pouvons le percevoir que par l'extérieur. Notre corps est la réalité incontournable dans notre relation avec l'univers et avec les autres. Il est notre enracinement dans le monde parce qu'il n'est pas seulement un relais entre le monde et nous - il n'y a pas : l'univers - nous - et notre corps pour faire le lien. Notre corps c'est l'univers et notre corps c'est nous. (…) Vivre son corps de l'intérieur, être attentif aux sensations que l'on a de soi-même est une expérience importante, pour ne pas dire déterminante à partir de laquelle tout le reste peut ou non, avoir aussi une dimension intérieure. Nous ne pouvons nous relier à l'intérieur des autres et de tout ce que nous percevons qu'à partir de l'expérience du seul intérieur auquel nous ayons accès, le nôtre.

    …On peut se demander si un "style de vie" où tous les rythmes s'accélèrent et où notre attention est en permanence sollicitée par des bruits et des images extérieurs (télévision, fond sonore omniprésent, sources lumineuses permanentes, baladeurs,...) ne nuit pas au développement de cette sensibilité intérieure. Dans la vie de beaucoup de personnes, à part le sommeil et donc des moments d'inconscience, il n'y a plus guère de temps de silence ou de noir complet permettant au cerveau de se détourner un moment des vibrations extérieures pour se brancher consciemment sur les informations sensibles provenant du corps propre.

    …La personne qui depuis son jeune âge a pu apprendre à s'intérioriser vivra toutes les situations, même les plus fortes, en conservant ce que l'on pourrait appeler "une conscience inconsciente de soi". Elle ne vit pas les choses à corps perdu. De plus après des moments agités, elle sait revenir à son état intérieur, reposer son système nerveux et réharmoniser son tonus. Elle a les moyens de se gérer et de ne pas subir ses états. Par contre celui ou celle dont le cerveau n'a jamais été habitué à cette forme d'attention à soi, à cette conscience de soi, reçoit le silence comme un vide, comme un temps où il n'y a rien, comme une "petite mort" difficilement supportable et qu'il faut faire cesser le plus rapidement possible. Le calme lui-même est une menace dont l'expérience est parfois troublante. L'esprit n'étant habitué qu'à la perception de sensations fortes (état de tension, plaisir et douleur), la sensibilité s'émousse. Le cerveau n'a plus les moyens de prendre en compte (percevoir) des sensations fines.

    …Aristote a déjà dit qu'il n'y a rien dans l'intelligence qui n'y soit entré par les sens. La capacité de notre intelligence est précisément d'associer des sensations et des expériences pour créer des réponses adaptées aux différentes situations et assurer la survie de l'organisme. Autrement dit notre intelligence doit nous permettre de comprendre la réalité pour nous y adapter. Mais si dès le départ dans la petite enfance l'intelligence n'est pas enracinée dans la réalité corporelle, elle va fonctionner "comme un moteur débrayé" et s'organiser sur le mode de la théorie, de l'abstraction et d'un mode "conceptuel". L'intelligence purement intellectuelle qui ne fonctionne que par la pensée peut devenir, à la limite, une forme de folie. Au contraire une intelligence bien construite sera fortement marquée par la sensibilité corporelle et débouchera sur une attitude réaliste que l'on peut appeler "le bon sens". Une des caractéristiques de cette forme d'intelligence est d'être "en relation" et d'avoir spontanément une dimension universelle. Les personnes qui ont cette intelligence ne peuvent pas séparer une situation de son contexte et, par exemple, elles n'apporteront pas une réponse à une situation urgente sans voir que cette réponse peut provoquer pour plus tard un problème beaucoup plus grave… »


Voila par ses écrits antérieurs (même de façon sommaire) quelle fut l’approche de Jacques Garros avec le groupe. Constatant dès le premier jour que l’ensemble des participants étaient épuisés et abîmés, il a proposé une série d’exercices d’intériorisation et d’exploration intime. Respiration, rythme, équilibre, énergie individuelle et collective… Il a tenté de donner à comprendre puis à réutiliser des outils très simple de prise de conscience corporelle et du lien entre organisme et psychisme.


QUELS ENSEIGNEMENTS ?
Le noyau dur du groupe (par ailleurs équipe de l’année prochaine) a parlé d’éveil et de prise de conscience. En premier lieu de leur négligence quand à eux-mêmes, de leur défaillances. Puis de leur sensibilité (il convient de parler de réveil et non d’éveil), de leur talent, de leur force. Se délestant des acquis, ils ont pu revisiter ce qu’ils avaient comme moyens de perception et d’intelligence au fond d’eux-mêmes.

Que notre corps est l’instrument de toute notre vie de relation. La conscience que nous en avons (sensation immédiate, directe et intérieure) conditionne toutes nos activités, nos comportements, nos réactions, nos sensations. Qu’il est primordial d’entretenir et d’approfondir soi-même conscience pour pouvoir ensuite tenter, par des ateliers d’expression (quels qu’ils soient) d’en faire aux enfants une transmission pédagogique à la mesure de chacun et selon son rythme.

Enfin, qu’en cela nous ne cherchons pas le résultat (quelque soit là encore la nature de l’atelier proposé aux enfants), mais que nous privilégions le chemin  emprunté et les efforts pour y parvenir. Que nous devons être attentif à chaque étape. Que les processus pour les atteindre sont plus importants que les objectifs.


EXTRAITS DU COMPTE RENDU DE J. GARROS :

« En ce qui concerne le bilan de mon intervention à Tanger je suis assez partagé : la diversité des personnalités et de leurs motivations me laisse un sentiment d'insatisfaction. J'ai l'impression d'avoir ouvert des portes mais de ne pas avoir suffisamment progressé pour qu'ils deviennent autonomes dans un travail individuel. Il y avait un travail de détente, de sensibilité, important à faire pour préparer le terrain…

…Finalement j'ai ressenti mon intervention comme un apport à leur faire personnellement pour qu'ils puissent surnager dans leur situation et leur engagement. Je suis content de l'avoir fait mais maintenant il faudrait, si vous désirez une autre intervention, cibler exactement l'objectif et prendre les dispositions pour que ceux qui seront concernés puissent s'y consacrer complètement sur le moment. En résumé accepter qu'avant de passer au stade "formation professionnelle/ psychomotricité/relation pédagogique etc ..." il y a d'abord un stade personnel de "relation à soi" à franchir. »

Cette éducation n’est pas une « technique en 10 leçons », c’est un état, une manière d’être tout au long de la vie.

LES SUITES :

Pour certains des animateurs, un processus s’est engagé, irréversible. Leur appétit a grandi, ils souhaitent tous approfondir cette exploration personnelle et la faire rejaillir sur les enfants.


Comme nous avons les enfants a charge tout au long de l’année, il semble difficile de permettre une totale disponibilité quand à une deuxième intervention de Jacques ou de celle de n’importe qui d’autre s’approchant du domaine. Les débuts et fins de sessions semblent les moments les plus appropriés pour ce genre d’intervention.




Zoom

Danse à Darna

Stage de Danse à Tanger  sous l'egide de l'ass.DARNA .

Danse


























D’ici là, chacun doit continuer d’explorer cette relation sensible à lui-même, au quotidien, et tenter de se rendre réceptif aux mémoires résurgentes de son parcours, de ses apprentissages, pour retrouver d’une manière intuitive ce qui a constitué son éveil et son éducation propre, afin de mieux appréhender les mécanismes se mettant en place dans le développement du corps et de la personnalité de nos enfants.

ENVISAGE maroc - Autoportraits - Tanger 2007
SAE : ateliers Sculpture-Modelage
Partenaire : Théâtre Darna - Association Darna - enfants de la rue

ENVISAGE maroc - Portraits de ville - Tanger 2007
SAE : ateliers Photo-Vidéo / ateliers Arts Vivants
Partenaire : Théâtre Darna - Association Darna - enfants de la rue





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